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Ce mot de procureur réveilla Porthos.
«Tiens, j'ai une idée! dit-il.
-- C'est déjà quelque chose: moi, je n'en ai pas même l'ombre, fit froidement Athos, mais quant à d'Artagnan, messieurs, le bonheur d'être désormais des nôtres l'a rendu fou; mille livres! je déclare que pour moi seul il m'en faut deux mille.
-- Quatre fois deux font huit, dit alors Aramis: c'est donc huit mille livres qu'il nous faut pour nos équipages, sur lesquels équipages, il est vrai, nous avons déjà les selles.
-- Plus, dit Athos, en attendant que d'Artagnan qui allait remercier M. de Tréville eût fermé la porte, plus ce beau diamant qui brille au doigt de notre ami. Que diable! d'Artagnan est trop bon camarade pour laisser des frères dans l'embarras, quand il porte à son médius la rançon d'un roi.»
CHAPITRE XXIX LA CHASSE À L'ÉQUIPEMENT
Le plus préoccupé des quatre amis était bien certainement d'Artagnan, quoique d'Artagnan, en sa qualité de garde, fût bien plus facile à équiper que messieurs les mousquetaires, qui étaient des seigneurs; mais notre cadet de Gascogne était, comme on a pu le voir, d'un caractère prévoyant et presque avare, et avec cela (expliquez les contraires) glorieux presque à rendre des points à Porthos. À cette préoccupation de sa vanité, d'Artagnan joignait en ce moment une inquiétude moins égoïste. Quelques informations qu'il eût pu prendre sur Mme Bonacieux, il ne lui en était venu aucune nouvelle. M. de Tréville en avait parlé à la reine; la reine ignorait où était la jeune mercière et avait promis de la faire chercher.
Mais cette promesse était bien vague et ne rassurait guère d'Artagnan.
Athos ne sortait pas de sa chambre; il était résolu à ne pas risquer une enjambée pour s'équiper.