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   Et Ketty, qui n'avait point lâché la main de d'Artagnan, l'entraîna par un petit escalier sombre et tournant, et, après lui avoir fait monter une quinzaine de marches, ouvrit une porte.
   «Entrez, monsieur le chevalier, dit-elle, ici nous serons seuls et nous pourrons causer.
   -- Et quelle est donc cette chambre, ma belle enfant? demanda d'Artagnan.
   -- C'est la mienne, monsieur le chevalier; elle communique avec celle de ma maîtresse par cette porte. Mais soyez tranquille, elle ne pourra entendre ce que nous dirons, jamais elle ne se couche qu'à minuit.»
   D'Artagnan jeta un coup d'oeil autour de lui. La petite chambre était charmante de goût et de propreté; mais, malgré lui, ses yeux se fixèrent sur cette porte que Ketty lui avait dit conduire à la chambre de Milady.
   Ketty devina ce qui se passait dans l'âme du jeune homme et poussa un soupir.
   «Vous aimez donc bien ma maîtresse, monsieur le chevalier, dit- elle.
   -- Oh! plus que je ne puis dire! j'en suis fou!»
   Ketty poussa un second soupir.
   «Hélas! monsieur, dit-elle, c'est bien dommage!
   -- Et que diable vois-tu donc là de si fâcheux? demanda d'Artagnan.
   -- C'est que, monsieur, reprit Ketty, ma maîtresse ne vous aime pas du tout.
   -- Hein! fit d'Artagnan, t'aurait-elle chargée de me le dire?
   -- Oh! non pas, monsieur! mais c'est moi qui, par intérêt pour vous, ai pris la résolution de vous en prévenir.
   -- Merci, ma bonne Ketty, mais de l'intention seulement, car la confidence, tu en conviendras, n'est point agréable.
   -- C'est-à-dire que vous ne croyez point à ce que je vous ai dit,

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