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Chapitre traduit en: Anglais
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Anglais dans le royaume de France; et en la fermant à l'Angleterre, notre éternelle ennemie, le cardinal achevait l'oeuvre de Jeanne d'Arc et du duc de Guise.
Aussi Bassompierre, qui était à la fois protestant et catholique, protestant de conviction et catholique comme commandeur du Saint- Esprit; Bassompierre, qui était allemand de naissance et français de coeur; Bassompierre, enfin, qui avait un commandement particulier au siège de La Rochelle, disait-il, en chargeant à la tête de plusieurs autres seigneurs protestants comme lui:
«Vous verrez, messieurs, que nous serons assez bêtes pour prendre La Rochelle!»
Et Bassompierre avait raison: la canonnade de l'île de Ré lui présageait les dragonnades des Cévennes; la prise de La Rochelle était la préface de la révocation de l'édit de Nantes.
Mais nous l'avons dit, à côté de ces vues du ministre niveleur et simplificateur, et qui appartiennent à l'histoire, le chroniqueur est bien forcé de reconnaître les petites visées de l'homme amoureux et du rival jaloux.
Richelieu, comme chacun sait, avait été amoureux de la reine; cet amour avait-il chez lui un simple but politique ou était-ce tout naturellement une de ces profondes passions comme en inspira Anne d'Autriche à ceux qui l'entouraient, c'est ce que nous ne saurions dire; mais en tout cas on a vu, par les développements antérieurs de cette histoire, que Buckingham l'avait emporté sur lui, et que, dans deux ou trois circonstances et particulièrement dans celles des ferrets, il l'avait, grâce au dévouement des trois mousquetaires et au courage de d'Artagnan, cruellement mystifié.
Il s'agissait donc pour Richelieu, non seulement de débarrasser la France d'un ennemi, mais de se venger d'un rival; au reste, la vengeance