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   Athos alors lui fit signe de prendre le panier et de marcher devant.
   Grimaud obéit.
   Tout ce qu'avait gagné le pauvre garçon à cette pantomime d'un instant, c'est qu'il était passé de l'arrière-garde à l'avant- garde.
   Arrivés au bastion, les quatre amis se retournèrent.
   Plus de trois cents soldats de toutes armes étaient assemblés à la porte du camp, et dans un groupe séparé on pouvait distinguer M. de Busigny, le dragon, le Suisse et le quatrième parieur.
   Athos ôta son chapeau, le mit au bout de son épée et l'agita en l'air.
   Tous les spectateurs lui rendirent son salut, accompagnant cette politesse d'un grand hourra qui arriva jusqu'à eux.
   Après quoi, ils disparurent tous quatre dans le bastion, où les avait déjà précédés Grimaud.

   CHAPITRE XLVII LE CONSEIL DES MOUSQUETAIRES

   Comme l'avait prévu Athos, le bastion n'était occupé que par une douzaine de morts tant Français que Rochelois.
   «Messieurs, dit Athos, qui avait pris le commandement de l'expédition, tandis que Grimaud va mettre la table, commençons par recueillir les fusils et les cartouches; nous pouvons d'ailleurs causer tout en accomplissant cette besogne. Ces messieurs, ajouta-t-il en montrant les morts, ne nous écoutent pas.
   -- Mais nous pourrions toujours les jeter dans le fossé, dit Porthos, après toutefois nous être assurés qu'ils n'ont rien dans leurs poches.
   -- Oui, dit Aramis, c'est l'affaire de Grimaud.
   -- Ah! bien alors, dit d'Artagnan, que Grimaud les fouille et les jette par-dessus les murailles.
   -- Gardons-nous-en bien, dit Athos, ils peuvent nous servir.
   -- Ces morts peuvent nous servir? dit Porthos. Ah çà, vous devenez fou,

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